vendredi 28 décembre 2007

Carmen

Aujourd’hui, chose rarissime sur ce blog, je ne titillerai que accessoirement vos papilles puisque hier soir je suis aller voir Sarah Baras au Théâtre des Champs Elysées. Et comme j’ai beaucoup aimé je vais vous en faire un petit descriptif pour vous donner, pourquoi pas, l’envie d’y aller.

C’est un ballet de flamenco contemporain en plusieurs volets qui commence avec un jeu de dévoilé-caché de danseurs derrières des portes qui s’entrouvrent, des danseurs qui passent derrière puis devant. Des danseurs qui s’enlacent et se séparent avec une intimité à peine dévoilée. Le ballet commence sans vraiment commencer, les premiers pas sont là pour susciter l’envie un peu comme une mise en bouche dans un grand restaurant.

Puis, le ballet s’ouvre en douceur avec des jeux d’ombres et de lumières. Les danseurs s'effleurent, point de passion fusionnelle comme on se l'imagine dans le flamenco classique mais quelques regards, des mains qui s’effleurent, et des pas qui s'enchaînent et martèlent le sol avec fermeté et assurance. Les bras sont très présents mais les mouvements sont très légers, très gracieux, très larges et très épurés; pas du tout court et saccadés comme on les imagine dans le flamenco classique.
J’ai beaucoup aimé une danse derrière un écran qui cache tous les corps; on ne voit que les pieds qui s'ébattent tous chaussés de la même façon. On devine à peine qui est femme et qui est homme grâce aux ombres qui dévoilent des creux de hanches. Les danseurs sont comme suspendus a des cintres avec un jeu d’ombres dessinés par leur bras.

Puis les musiciens apparaissent enfin après s'être fait longuement désirés. La musique a été revue par Paco de Lucia que j’ adore, très rythmée, très contemporaine. Les danseurs prennent peu à peu place sur la piste, avec des robes qui prennent de l'envergure et des taches de lumières qui se répandent tout autour.
Un écran mural vient soutenir l'explosion finale, la mort tragique de Carmen en rouge flamboyant est superbement mise en scène. Des traînées de sang diffuses jaillissent de l’écran.
Allez-y, c’est très émouvant, très envoûtant. C’est l’histoire d’un voyage en plein coeur de Séville; et ce en plein Paris, tout en douceur et tellement épuré et contemporain que sans être un passionné de flamenco on adore! Tous les sens sont indubitablement en éveil pour notre plus grand plaisir.

Et comme la séance est à 8 heure, en sortant vous aurez l’estomac véritablement dans les tallons alors courez chez André, au 12 rue Marbeuf déguster une entrecôte de 400 gr ou un tartare bien assaisonné accompagnés de bonnes frites bien moelleuses a l'intérieur suivie des profiteroles les plus authentiques de la terre avec en plus une excellente et très variée carte de vins. L’endroit a l'intérieur art-deco offre une très bonne transition du théâtre a la maison.

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